Découverte-mag n°14

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Maio a soif… mais, miracle, commence à revivre

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Vous avez été des dizaines de milliers de lecteurs à suivre le troisième épisode du récit de la valeureuse aventure, tant humaine que végétale de Raphaël Colicci. Pour ceux et celles qui auraient raté le 3e épisode intitulé Ouf de l’eau qui enfin tombe du ciel, voici le lien :

Tout au long de ces prochains mois, notre éditeur poursuivra les interviews exclusives que nous accorde ce bienfaiteur méritant d’être beaucoup plus connu et surtout soutenu financièrement pour sauver cette île peu connue de l’archipel du Cap-Vert. La rédaction

AB : Mon cher ami Raphaël, tu m’as dit un jour que l’on ne devrait pas vivre chichement sur une terre qui pourrait s’avérer riche. A l’époque, je pense que tu parlais de ton conservatoire de plantes et d’essences en gestation de Saint-Privat, siège de ton centre de bien-être, plus connu sous le nom de Oleatherm, la Ferme qui soigne.

RC : Non, ce n’est pas de Saint-Privat dont je voulais parler, mais de Maio. A Saint-Privat j’ai dû tout inventer, car je n’avais pas de terre… que du rocher. A l’époque, je pensais que le désert de Maio pouvait s’avérer riche. Et si l’on prend soin de la terre tout est alors possible. Depuis, je sais combien l’alliance du soleil et de l’eau jouent un rôle si efficace pour sauver une agriculture en perdition.

AB : Pourrait-on dire que nécessité et intelligence font loi ?

RC : (rire cristallin) Le juriste se réveille !  Tu as tout à fait raison. Nécessité et intelligence vont effectivement de pair. Pour sauver l’île de la désertification dans les années 70, la fondation du roi des Belges, Baudouin, a fait planter plusieurs centaines de milliers d’acacias (acacia americana) pour éviter l’érosion et faire du charbon de bois.

AB: Et alors ?

RC: Si l’on veut pouvoir répondre intelligemment et surtout durablement  aux problèmes qui se posent, il convient de faire le tour des questions. Il faut s’interroger sur les causes pour identifier les racines du problème. C’est cette espèce d’acacia-là qui posait problème et que personne n’avait analysé. En effet, cet acacia possède une racine pivotante extrêmement puissante qui a complètement vidé les nappes phréatiques de l’île.

AB: Ceux qui avaient sélectionné cette essence ne le savaient-ils donc pas ?  

RC : Apparemment non. Comme cet arbre de la famille des fabacées, originaire d’Amérique du Nord, peut atteindre 10 à 20 mètres de hauteur, ils avaient pensé qu’une forêt se constituerait un beau jour. Cette espèce pousse bien, à condition qu’elle se plaise dans les sols bien drainés et ensoleillés. En plus, ses feuilles ne sont pas du tout comestibles, ce qui était catastrophique pour les animaux et la vie du sol.

AB : Et ne voilà-t-il pas que le ciel au-dessus de Maio avait décidé de ne plus s’épandre ?

RC : Hélas ! Depuis 2011, il n’a pas plu, sauf une pluie bien insuffisante. 10 jours après tout est redevenu grillé. Aussi, entre 2017 et 2021, plus de 5000 animaux d’élevage sont morts de soif.

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Voilà le sol que Raphaël Colicci a trouvé au début de son action humanitaire. Courageusement, il a enlevé des dizaines de milliers de gros cailloux pour créer son oasis.

Voilà le sol que Raphaël Colicci a trouvé au début de son action humanitaire. Courageusement, il a enlevé des dizaines de milliers de gros cailloux pour créer son oasis.

AB : Ne dit-on pas « Quand une forêt meurt, la pluie cesse ? »

RC : Tu as malheureusement tout compris ! Quelques mots pour t’expliquer la situation sur Maio, la plus petite île du Cap-Vert. Sans jardin, sans animaux, nombre de familles frôlent la famine. Les familles ne peuvent plus payer ni l’électricité, ni frais scolaires ni de santé. La misère s’installe. De plus, avec la guerre d’Ukraine l’inflation est galopante. C’est dans ce contexte de crise que j’arrive avec mon projet qui, au début, semble tout à fait irréel à la population autochtone.

AB : Tu as conçu un projet pour restaurer et sauvegarder la biodiversité nourricière du Cap Vert, mais comment comptais-tu la mettre en oeuvre ?

RC: Par l’agroforesterie tropicale multi-étagée. En un an, nous avons déjà mis en culture 350 arbres tropicaux comme des cocotiers endémiques, des vieilles variétés de mangues, d’avocats, de papayes, de bananiers dont une banane rouge, des caféiers, cacaotiers, pitayas et d’autres..

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AB: Cela m’a l’air d’être une véritable expédition.

RC: C’en fut une. Nous sommes allés dans l’île de Santiago pour ramener le plus possible d’arbres en vue de la biodiversité prévue. Il faut aller parfois dans des lieux à l’écart de tout, parlant un créole incompréhensible pour trouver notamment une variété de canne à sucre plantée par les premiers esclaves africains. Après un an de travail l’oasis a pris forme. Il  y a maintenant des arbres de 2m de haut. Nous avons maintenant les premiers fruits en dépit du réchauffement climatique, des attaques de sauterelles… Les habitants sont ébahis du résultat, et ils m’ont fait une grande fête pour mes 70 ans.

AB : Tu as constitué un laboratoire vivant de l’adaptation au changement climatique, n’est-ce pas ?

RC : Bien sûr ! Nous avons donc commencé par planter notamment des grenadiers, des bananiers, des dragonniers, des pitayas, des neems, des papayers, des avocatiers.

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La plantation du tout premier noni de Raphaël Colicci. Le fruit dans sa main contenait 72 graines pour lui donner une soixantaine de petits arbres. 152 nonis attendent dans la serre pour rejoindre la trentaine déjà plantée.  

AB: Le fruit noni…Une légende ? En attendant un reportage plus détaillé, dis-nous quelques mots à ce sujet.

RC:  L’arbre noni peut produire des fruits moins d’un an après sa plantation. Il atteint sa pleine maturité à deux ans. Parmi tous les fruits plantés dans l’oasis, le noni, c’est celui qui a le mieux réagi à tous les stades.

AB : En fait, il t’aura fallu te nourrir d’espérance pour combattre la désertification et la dégradation des sols de cette petite île…

RC : Tu as raison d’évoquer l’espérance et non pas l’espoir, car pour moi, l’espérance, c’est le fait d’avoir la certitude que la chose attendue arrivera. Preuve en est l’actuelle reforestation du désert avec des arbres plus rustiques comme le Moringa, divers acacias, et des arbres fourragers pour les animaux sur l’oasis de Maio que nous construisons.  

AB : Si j’ai bien compris, la grande nouveauté dans ce désert qui n’a pas vu la pluie depuis 12 ans, c’est que vous mettez en œuvre une vingtaine de techniques pour « cultiver de l’eau ».

RC : Oui, et je me réjouis de t’en parler à l’occasion du prochain épisode.  

Notre ami Raphaël Colicci s’engage énormément personnellement dans son projet humanitaire « Maioasis » qui reçoit les fonds récoltés par l’Association Biodiversité et ressources. Chaque euro, chaque franc sera le bienvenu. Notre magazine se porte garant du sérieux de cette association à but non lucratif approuvée par la Commission française des comptes. Voici ses coordonnées bancaires :

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[1] C’est un arbre tropical originaire d’Asie ou d’Australie, mais qui s’adaptera parfaitement à Maio. Cet arbre produit des fruits à l’odeur très désagréable, mais possède d’excellentes propriétés médicinales variées. Raphaël Colicci  nous en dira bientôt davantage


En savoir plus sur Raphaël Colicci :

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