Découverte-mag n°14

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Voyager, voler, naviguer … la frousse de votre vie ?  

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Ô stupeur, un Boeing 737 MAX 9 de la compagnie aérienne Alaska Airlines a perdu l’une de ses issues de secours, peu après son décollage de Portland. Portland est la plus grande ville de l’État de l’Oregon, au nord-ouest des États-Unis. Ce très grave incident a entraîné une dépressurisation de la cabine de l’avion Nous avons voulu en savoir d’avantage et avons demandé à notre journaliste scientifique de nous en dire davantage. La Rédaction  

Après avoir vu l’information qui a tourné en boucle ce week-end, il y a effectivement de quoi avoir froid dans le dos. Et malgré les accidents mortels qui sont arrivés ces dernières années, l’avion est l’un des moyens de transport le plus sûr1 après les paquebots. Ce n’est pas pour faire plaisir à notre éditeur qui adore naviguer sur les paquebots que je vous fournis cette information. En effet, j’ai étudié pour vous les statistiques mondiales et je puis donc vous dire que les accidents de paquebots sont relativement rares par rapport au nombre de croisières effectuées. Le transport maritime est l’un des moyens de transport pour passagers les plus sûrs au monde. Bien sûr, tout comme dans les vols, il existe encore des risques liés aux conditions météorologiques, aux pannes techniques, aux incendies. Il en va de même des collisions.2 Les attentats terroristes ont essentiellement été jugulés grâce aux mesures de sécurité prises par les compagnies aériennes et maritimes ou fluviales. Rappelons le tragique vol 93 de United Airlines détourné par des terroristes le 11 septembre 2001 et qui s’est écrasé en Pennsylvanie, faisant 44 morts. 

Regardez ce qu’il s’est passé au Japon ces derniers jours:  

Relativisons 

S’agissant des paquebots, ce que je sais, c’est qu’au cours de ces 12 dernières années, il n’y a eu que 3 accidents3 de paquebots. Il y a douze ans, soit le 13 janvier 2012, le Costa Concordia, un navire de croisière italien, heurta un rocher près de l’île du Giglio. L’accident a causé la mort de 32 personnes et 64 blessés parmi les 4 252 personnes à bord, membre de l’équipage compris. La cause de l’accident du Costa Concordia fut la manœuvre téméraire de son commandant de bord Francesco Schettino, ayant ordonné de se rapprocher trop près de l’île du Giglio pour effectuer un « salut » aux habitants. Cette malheureuse manœuvre a éventré la coque et causé le naufrage. Le 5 janvier 2017, le Harmony of the Seas, heurta un quai à Saint-Martin, dans les Antilles, et endommagea sa coque. Le 8 novembre 2017, le MSC Divina, heurta lui aussi un quai à Isla Roatan, au Honduras. Seulement des dommages matériels et aucun blessé. Enfin, le 23 juin 2019, le MSC Opera, perdit le contrôle de ses moteurs et percuta un quai et un bateau touristique à Venise causant quatre blessés légers. 

Le Harmony of the Seas à quai dans les Antilles et endommagea sa coque.

Certes, tant pour les avions que pour les paquebots, des échouages, des naufrages, des actes de piraterie, des épidémies, sont toujours possibles.  

Les accidents de train, de bus et d’autocar, de motos, de voitures est même de trottinettes électriques sont toujours possibles et sont beaucoup plus ravageurs que ceux qui arrivent dans les transports aériens ou maritimes.  

L’élément clé lorsque vous prenez un avion  

Le Boeing 737 MAX 9… un dinosaure de l’aviation?

Boeing-737-MAX-9

Absolument pas ! Celui dont il a été question, avait été fourni neuf en octobre 2023. Il transportait 177 personnes, dont 6 membres de l’équipage. Lorsque la stewardesse vous montre le masque qui devrait tomber, vous n’y faites presque plus attention. Pourtant, la pressurisation est l’élément clé de l’aviation moderne. Les avions ont des cabines pressurisées depuis 1938. Ce n’est, en effet, que lorsque les premiers avions commerciaux ont commencé à voler à des altitudes plus élevées qu’il a été nécessaire de concevoir cette technique. Et pourquoi donc ? Evidemment à la fois pour éviter les turbulences et économiser du carburant. La pressurisation permet effectivement de maintenir une pression d’air confortable et suffisante dans la cabine pour les passagers et ceci malgré la baisse de la pression atmosphérique à l’extérieur. D’après mes recherches, le Boeing 307 Stratoliner a été le premier avion de ligne pressurisé   et voler à près de 6000 m d’altitude. D’autres avions pressurisés ont suivi.  

Ainsi, le DC-6 – l’un des avions les plus emblématiques de l’histoire de l’aviation civile – a connu un immense succès commercial. Il a été utilisé par de nombreuses compagnies aériennes dans le monde, comme Air France, KLM, Pan American4, Sabena5 , SAS, Swissair6, ou encore United Airlines. Aujourd’hui, le DC-6 est toujours en service, principalement pour des vols charter, des vols historiques, ou des vols de lutte contre les incendies.  

Cockpit légendaire du Douglas DC-6 : harmonie entre tradition et innovation.

Actuellement, la plupart des avions de ligne sont pressurisés. La pression dans la cabine est réglée pour correspondre à une altitude d’environ 2 000 mètres et ce, naturellement, même si l’avion vole à plus de 10 000 mètres d’altitude. Cela réduit considérablement les risques liés à la différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur, comme le barotraumatisme, le manque d’oxygène (hypoxie) ou l’accident de décompression. Permettez-moi de vous rappeler que le barotraumatisme est une lésion causée par une variation trop rapide de la pression extérieure (air ou eau d’ailleurs en cas de plongée sous-marine) au niveau d’organes contenant des cavités d’air, se contractant ou se dilatant de façon excessive. Il affecte les poumons, le tube digestif, les yeux, les oreilles ou les sinus.  La pressurisation, c’est aussi bien un défi qu’une science utilisant des systèmes de conditionnement d’air pour prélever, comprimer, refroidir et filtrer l’air afin de le distribuer dans la cabine avec soin. 

Un froid de canard… et manque de souffle !  

À 10 000 m d’altitude, la pression atmosphérique est environ quatre fois plus faible qu’au niveau de la mer, ce qui signifie que l’air est beaucoup moins dense et contient moins d’oxygène. La concentration en oxygène est d’environ 7 %, contre 21 % au niveau de la mer. Et puis, ne l’oubliez-le jamais, à cette altitude il fait facilement les moins 40 degrés Celsius. Un de mes amis pilote de ligne m’a dit qu’une descente d’urgence peut être passablement inconfortable, mais qu’elle n’est pas dangereuse pour autant, à condition toutefois d’être bien maîtrisée. C’est une procédure exceptionnelle visant à ramener l’avion à une altitude plus basse où la pression de l’air est plus élevée et donc l’oxygène plus abondant. En cas de dépressurisation, c’est soit le pilote ou le système automatique qui la déclenche. Une descente d’urgence se fait généralement à la vitesse maximale de l’avion, en réduisant la puissance des moteurs et en déployant les aérofreins. L’avion peut perdre jusqu’à 3 000 mètres par minute, soit 50 mètres par seconde.  

Alors, chers passagers, bon vol quand même… Vous ne risquez pas grand-chose à prendre l’avion et encore moins un paquebot.  

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