En longeant les plages sablonneuses du Lac de Neuchâtel, j’ai eu l’occasion d’interviewer Alain Barbier qui œuvre aussi, à l’occasion, comme mentor en proposant des ateliers pour les dirigeants de PME et les particuliers.
Après la parution du magazine Découverte (version imprimée), no 1/2020, vous avez été nombreux à réagir à l’article d’Alain Barbier sur le mentorat stratégique. La majorité des questions portait sur la signification exacte du terme “Mentorat” dans ce contexte. Je l’expose à la fin de mon article en encadré, tel qu’il me l’a suggéré.

Alain, vous avez décidément nombre de casquettes (rires). Tourisme, communication, marketing, éditions, événementiel, mentorat

Toutes ces vocations, certes différentes, se complètent merveilleusement. J’appartiens à une génération qui prétendait : « A chacun son métier ». Cela signifiait que l’on restait éternellement confiné dans la voie que l’on avait choisie. Dieu merci, j’ai toujours su que je ferai des études dans plusieurs domaines… du droit, de l’économie, du marketing, des études de linguiste, du journalisme. Aujourd’hui, les jeunes, eux, savent pertinemment qu’ils devront changer de job au gré de l’évolution de la technologie.

Et cela vous a servi à quoi?

A créer nos entreprises avec compétences!

Mentorat et expérience de vie

Et le mentorat?

C’est une longue histoire. Ne devient pas mentor qui veut. Il y a d’abord l’expérience de vie… tant professionnelle que personnelle. À de rares exceptions près, vous ne pouvez pas être mentor à 30 ans. Il faut avoir traversé des périodes difficiles avec succès, guidé des patrons qui ne savaient plus quoi faire, aidé des hommes et des femmes ayant de graves problèmes professionnels ou de couple. Le mentorat individuel, lorsque les particuliers traversent des parcours de vie difficiles, n’est pas une tâche aisée.

À quoi bon remettre les gens sur les rails, si c’est pour aller dans la “flotte”?

Pourquoi ?

Parce que, non seulement, il convient d’avoir un regard différent à l’égard de leurs soucis professionnels ou sentimentaux. Et cela implique de la compréhension, de l’empathie tout en sachant garder la distance nécessaire et beaucoup de patience.

Et encore?

Encore beaucoup de choses. Ailleurs, on nous apprend que l’on ne doit jamais dire que “l’on ne sait pas”. Pourtant, si dans mon esprit, je ne trouve pas clairement de solution à une question qui nous est posée ou à un problème évoqué, je ne fais plus comme dans le temps, une pirouette habile! Je ne cache pas ma perplexité et je n’ai pas honte d’avouer que je ne sais pas. Souvent, ce “je ne sais pas” permet d’ailleurs justement de démarrer sur une nouvelle piste. 

Pourquoi utilisez-vous cette métaphore, les rails qui plongent dans le lac (cf photo)?

Je la trouve évidemment très symbolique. À quoi bon, en effet, remettre les gens sur les rails, si c’est pour aller dans la “flotte”? J’ai constaté que, dans le contexte qui est le nôtre, cette image parlait bien aux gens.

Un public éclectique

Quel est le cercle des personnes qui vous consultent?

Ce sont des gens comme vous et moi. Seulement, ils ont des problèmes professionnels ou sentimentaux, parfois les deux simultanément :
– rupture sentimentale imminente,
– séparation d’un couple avec sa problématique,
– mobbing professionnel,
– entreprise à court de mandats, de clients, de débouchés, de marchés,
– équipes en recherche de concepts marketing,
– incompatibilité avec son employeur et souhait de faire autre chose, avec une idée assez floue, le doute de soi et toutes les questions qui accompagnent cette étape.

Que leur enseignez-vous?

Nous leur montrons comment oser entreprendre et surtout, qu’il y a d’autres voies à suivre. Nous élargissons leur champ de vision et nous les faisons décoller vers de nouveaux horizons.

Entreprendre, c’est souvent prendre des décisions, renoncer au confort et décoller vers de nouveaux horizons.

L’avènement d’un nouveau journalisme

Pendant des années avant l’avènement d’Internet, vous avez dirigé des magazines à fort tirage. Qu’est-ce qui a changé depuis?

Presque tout!

nous enseignons à ceux qui nous consultent, que chacun devrait penser par soi-même.

Pourquoi “presque”?

Aujourd’hui, les gens se nourrissent presque exclusivement d’infos venues de l’extérieur: presse, radio, télé, Internet…. Sur Internet, on trouve des infos correctes, mais aussi des archi-fausses. On peut se demander où sont nos sources d’inspiration véritables. D’aucuns pompent leurs références sur de l’information arrangée suivant les besoins. Sans compter les fake news. Sur notre portail www.decouverte-mag.com, nous voulons être pertinents, experts. Nous souhaitons appréhender notre monde avec réflexion et surtout avec intelligence. Mais ce n’est de loin pas tout.

Qu’y a-t-il donc d’autre ?

L’importance du visuel! Tenez, au début de cette année (2020), un sondage international a révélé que près des trois quarts de la jeune génération avaient comme source d’information les réseaux sociaux. Durant le confinement, l’information -ou tout au moins ce qui en a tenu lieu- s’est consommée grandement sur les écrans des smartphones.

Ce qui signifie que cette information était essentiellement visuelle, n’est-ce pas ?

Bien vu! Et c’est pourquoi, dans nos publications et dans nos conseils, nous insistons massivement sur l’importance du visuel. Cela dit, nous enseignons à ceux qui nous consultent, que chacun devrait penser par soi-même.

Insinueriez-vous que nous nous trouvons à l’aube d’une nouvelle forme de journalisme ?

Il y a un bon moment que le soleil est levé. Toute l’écriture en est changée. Regardez, ou mieux, Lisa, participez à notre roman évolutif. Regardez nos reportages émaillés de vidéos. Ça, c’est l’avenir.

Je constate que nombreux sont ceux qui ont perdu la conscience de leur immense potentiel intérieur. Nous leur apprenons donc à remonter à leur source.

Remonter à la source

Est-ce vrai que certaines personnes ne connaissent même plus leur vraie nature? L’eau qui coule… Où est sa source?

Je n’irai pas jusqu’à confirmer cela dans tous les cas, mais c’est vrai que ceux qui nous consultent manquent parfois terriblement de confiance en eux. Je constate que nombreux sont ceux qui ont perdu la conscience de leur immense potentiel intérieur. Nous leur apprenons donc à remonter à leur source et à prendre de bonnes décisions. En effet, il vient toujours un moment où il faut choisir et parfois même opérer des décisions à la queue-leu-leu. Nous le leur rappelons par des exemples, souvent très personnels, et c’est sans doute cela qui fait le charme de nos interventions.

Accepter la main tendue, reconnaître qu’on a besoin d’aide est la première étape du processus de reconstruction.

Vous avez dit avant que tout se combinait. C’est le moment de nous révéler vos pensées.

Cela va vous paraître étrange, mais c’est aussi, en effet, une question de philosophie d’entreprise. Tenez, les compagnies maritimes ou fluviales ont chacune une philosophie bien distincte. Les unes, américaines, prônent le free style, d’autres la gastronomie à bord, d’autres encore, l’esprit d’aventure. Eh bien, pour nous, c’est un peu pareil. Amérique, Australie, Asie? Des recoins de l’univers. L’océan? Une goutte d’eau dans l’univers. Le Mont-Blanc? Un caillou sur notre planète.

Il faut donc absolument élargir leur champ de vision et leur apprendre à s’interroger pour qu’ils formulent leur propre réponse.

Vous suggérez aussi sans doute que tout le temps qui passe est un point dans l’éternité ?

Pan… dans le mille, Lisa! Rappelons-nous qu’en ce bas monde, il n’existe vraiment rien qui ne soit absolument sans inconvénient. Héraclite d’Ephèse disait : “Toutes les choses coulent” (son fameux Penta rhei). La dimension dans laquelle nous vivons nous montre que toutes les créatures vivantes, sans la moindre exception, connaissent des difficultés. Il faut donc absolument élargir leur champ de vision et leur apprendre à s’interroger pour qu’ils formulent leur propre réponse.

Qu’est-ce que le mentorat ?
C’est une relation interpersonnelle de soutien, reposant surtout sur des échanges et le plus souvent sur des confidences : des récits de drames, de crises personnelles, sentimentales, professionnelles dans laquelle une personne d’expérience, le ou la mentor, offre sa ‘sagesse’ acquise au cours de décennies. Ce n’est pas un gourou. Son expérience de la vie et son expertise sont dispensées en vue d’élargir le champ de vision de la personne demandant d’y voir plus clair. Ainsi, le mentor offre sa lumière pour éclairer le chemin de la personne qui consulte. Cette lumière permet d’illuminer de bien plus vastes horizons et de permettre au requérant de prendre des décisions seul. L’accompagnement d’un mentor peut aussi servir de ‘ filet de protection’ avant d’oser se lancer.
L’avantage du mentoring proposé par Planet 21 Sàrl réside surtout par le fait que la personne ou le groupe consultant est accompagné(e) par un binôme masculin & féminin. Un mentor masculin et une mentor féminine recoupent alors leur ressenti et leurs longues expériences au profit de la personne ayant besoin d’aide.
La confidence est une mise à nu très intime. On se dévoile, on ôte le ou les masques. Cela implique de la part de la personne qui se dévoile autant un courage certain que de celle qui la recueille d’en garantir le secret. Les confidences ne sont alors pas échangées en groupe. En groupe, ne sont évoquées que les expériences faites par les personnes bénéficiant du mentorat.
Cette définition de mentorat est proposée par Alain Barbier.