Philippe Monnier, écrivain et journaliste, nous dépeint avec un réalisme teinté d’amertume son analyse poétique d’une situation qui érode notre optimisme jour après jour. Loin d’être moralisateur ou défaitiste, ses mots sont des invitations à reprendre le cours de nos pensées, en attendant de reprendre celui de nos vies.

Lorsque le ciel s’assombrit et que l’horizon est bouché par la menace d’un énième emprisonnement, je souhaite plus que jamais me détacher de cette réalité insupportable, de ce quotidien en suspens. Je ressens le besoin impérieux de partir, de quitter cette existence robotique rythmée par des gouvernants sans gouvernail, qui ne savent plus quoi faire pour résoudre un problème qui les dépasse complètement. Ils ont perdu pied lors de la première vague et depuis, ils écopent, ils écopent sans parvenir à redresser la barre. Notre société part à la dérive et nous, on se regarde sombrer, résignés et sans espoir.

On nous a dépossédés de l’essence de nos âmes : l’espérance, les projets de vie, le plaisir de se retrouver, les rêves à réaliser. Toutes ces opportunités à portée de main ont été balayée par un typhon venu d’Asie, et les mesures hasardeuses qui en ont résulté n’ont eu pour conséquence que de les éloigner encore.

En nous retirant l’espoir, la visibilité sur un lendemain meilleur, on nous a retiré une part d’âme.

C’est ainsi qu’on se retrouve vides, à passer à côté de nos vies, happés par un immobilisme douloureux. En nous retirant l’espoir, la visibilité sur un lendemain meilleur, on nous a retiré une part d’âme et toutes ces métastases éparpillées n’auront que pour dernier effet d’attiser la haine du prochain. Encore.

Et là, on est bien loin d’un simple virus…

Alors, reprenons les rênes de nos rêves, pensons à l’amour plutôt qu’à la mort, imaginons la profusion plutôt que la perfusion, écoutons la mélodie de la vie plutôt que la maladie et partons en virée, loin du virus.