L’expérience Winterstein

Une expérience choc sur les effets des écrans sur le développement cognitif des enfants Depuis près de deux décennies, l’étude menée par les chercheurs allemands Winterstein et Jungwirth en 2006 suscite débats et inquiétudes dans le monde de la psychologie de l’enfant. Elle prétend démontrer un lien entre l’exposition précoce à la télévision et une altération des capacités cognitives, mesurées par le test du bonhomme. Mais que révèle réellement cette étude ? est-il question des différents électrosmog des Champs Electro-Magnétiques ou CEM ? notre grand spécialiste scientifique – Philippe Margoux Menneret – nous en dit davantage. La Rédaction

Cette expérience repose sur une méthode simple mais frappante : observer les dessins de bonhommes réalisés par des enfants selon leur temps d’exposition à la télévision. Les résultats, largement diffusés sur les réseaux sociaux et dans les médias, montrent des dessins plus détaillés chez les enfants peu exposés aux écrans, et des figures rudimentaires, parfois désarticulées, chez ceux regardant la télévision plus de trois heures par jour.

Ce visuel, devenu viral, a été repris dans des ouvrages comme TV Lobotomie de Michel Desmurget, et utilisé pour illustrer les dangers des écrans sur le développement cognitif.

Cette expérience s’est inscrite dans un contexte de préoccupation croissante autour des usages numériques chez les jeunes enfants. Depuis les années 2000, les écrans se sont multipliés dans les foyers : télévision, tablettes, smartphones. Les parents, souvent démunis, cherchent des repères. L’image du bonhomme déformé devient alors un symbole facile à comprendre, mais aussi un raccourci.

Des études plus récentes, comme celles menées par l’INSERM ou l’Université de Genève, montrent que, outre le temps d’exposition à l’écran, l’impact dépend fortement du contenu, du contexte et de l’accompagnement parental. Une émission éducative regardée avec un adulte n’a pas les mêmes effets qu’un programme violent visionné seul pendant des heures, ce qui est également faux et limitant du coup pour la controverse scientifique, car il est occulté encore une fois les impacts de la pollution électromagnétique.

Le recours aux neurosciences semble permettre de mieux comprendre le développement du cerveau de l’enfant. Jusqu’à 6 ans, les connexions neuronales se forment à une vitesse fulgurante. Le jeu libre, les interactions sociales, la motricité fine sont des piliers essentiels de ce développement. Mais là encore si les écrans sont utilisés de manière passive et prolongée, peuvent entraver ces processus. Mais ils peuvent aussi, dans certains cas, stimuler la curiosité, le langage ou la coordination, à condition d’être bien choisis et encadrés.

Les pédagogues insistent sur une règle simple : pas d’écran avant 3 ans, puis des usages limités et accompagnés. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, en France, recommande moins d’une heure par jour pour les enfants de 3 à 6 ans, avec des contenus adaptés. La ligne la plus dure recommande l’absence d’écran avant 6 ans, ou au maximum à peine une demi-heure d’exposition par jour confondue (tablette, mobile, etc…).

Plutôt que de diaboliser les écrans, ce qui est un tort, car il faut toujours appeler un chat, un chat, s’agissant de pollution électromagnétique, les spécialistes plaident pour un discours plus convenu…l’éducation numérique.

Et cela passe par :

  • Des temps d’échange entre parents et enfants autour des contenus visionnés.
  • Une alternance avec des activités physiques, créatives et sociales.
  • Une cohérence familiale : les enfants imitent les adultes. Si les parents sont constamment sur leur téléphone, le message est brouillé.

Curieusement, la pollution électromagnétique reste largement ignorée, alors même qu’elle joue un rôle majeur dans les atteintes au corps calleux chez les enfants — un organe particulièrement vulnérable, juste après le cœur, face aux effets insidieux des champs électromagnétiques. La bonne conclusion serait une voix (voie) médiane entre bon sens et risques de cette pollution

L’expérience Winterstein, bien qu’évidemment imparfaite, a ouvert un débat nécessaire. Elle rappelle que le développement de l’enfant est fragile, malléable, et dépend de multiples facteurs. Les écrans ne sont ni des ennemis absolus, ni des alliés infaillibles. Ils sont des outils, à manier avec discernement. Dans un monde numérique en constante évolution et donc une charge électromagnétique globale croissante, la clé réside dans l’accompagnement, la réflexion et le dialogue avec les enfants. Car derrière chaque bonhomme dessiné, il y a un enfant qui cherche à comprendre, à représenter, à grandir…plutôt que de régresser.

Nous devons malgré tout parler de la méthodologie de l’expérience. En 2022, une équipe française (Lavielle-Guida, Bernard & Ramus) publie une analyse critique dans la revue ANAE. Leur verdict : l’étude souffre de biais méthodologiques majeurs :

  • Absence de groupe témoin rigoureux
  • Variables confondantes non contrôlées
  • Corrélation interprétée comme causalité

Utilisé depuis les années 1920, le test du bonhomme évalue le développement psychomoteur de l’enfant. Mais utilisé seul, il ne suffit pas à établir une vérité scientifique.

Pour rappel le graphique montre le score moyen au test du bonhomme selon le temps d’écran :

Temps d’écran quotidienScore moyen au test du bonhomme
0–1 h/jour8.5
1–2 h/jour7.2
2–3 h/jour5.9
3+ h/jour4.1

On le voit bien l’expérience, les controverses à controverser ne parlent pas de cette pollution électromagnétique, car ce qui est en jeu ici, clairement sont les impacts directs des rayonnements non ionisants thermiques et non thermiques… l’épaisseur du crâne des enfants en fonction de leur âge n’est pas réellement prise en compte, ni dans l’expérience, ni dans les controverses…

à suivre.

Partagez cet article !
Total
0
Shares
Laisser un commentaire
Précédent
Le mythe de la « Wonder woman

Le mythe de la « Wonder woman

Et si vous arrêtiez de jouer à l’héroïne parfaite?

Suivant
Ce que mon frigo raconte de mes histoires (d’amour)

Ce que mon frigo raconte de mes histoires (d’amour)

On a toutes un jour ouvert son frigo avec l’impression de plonger dans les

Vous pourriez aimer aussi :