Le mythe de la « Wonder woman

Et si vous arrêtiez de jouer à l’héroïne parfaite ? Notre inénarrable pigiste Stéphanie Rossier vous dit : « Bienvenue dans l’arène. Celle où les femmes jonglent avec des agendas surchargés, des émotions en pagaille, et des piles de linge qui défient les lois de la gravité. Ici, pas de cape ni de super-pouvoirs. Juste vous, nous, elles : des funambules du quotidien, marchant sur le fil tendu entre ambition et épuisement, sans filet ni pause-café. On nous a vendu une version glamour de la vie : celle de la femme multitâche, toujours impeccable, toujours disponible, toujours souriante. Mais derrière ce mythe de la « Wonder Woman », il y a une réalité bien plus humaine — celle du foutoir assumé, des rires nerveux, des « non » libérateurs, et des pizzas commandées à la place de la salade maison ». Ce texte est une ode à celles qui osent lâcher prise. À celles qui troquent la perfection contre la paix intérieure. À celles qui comprennent que leur valeur ne se mesure pas en cases cochées sur une liste à faire, mais en éclats de rire, en moments de tendresse, et en chaussettes oubliées sous le canapé. Alors, si vous êtes prêtes à dire adieu à la super-héroïne et bonjour à la femme libre, imparfaite et fabuleusement vivante… entrez. Ce manifeste est pour vous. La Rédaction.

L’éloge du lâcher-prise… et du foutoir assumé.

Bonjour à toutes, femmes, guerrières… et surtout, professionnelles du funambulisme sans filet ! Vous connaissez cette image, celle de la femme moderne, cette créature mythique capable de tout gérer ? Une sorte de processeur multicœur humain qui fait tourner en même temps le logiciel « Réunion Zoom », l’application « devoirs des enfants », et la fonction « sauvegarder la dignité après un fou rire en plein open space ». Tout ça, bien sûr, en sirotant un smoothie vert et en postant une photo parfaite de ses pieds sur la plage (même si la photo a été prise il y a trois ans, et qu’en vrai, on est sous une pile de linge sale).

C’est ça, la vie qu’on nous a vendue : celle de la « wonder woman » des temps modernes. Une super-héroïne dont la cape est faite d’une «  liste à faire » sans fin, et qui doit toujours avoir le sourire Ultra Brite de la pub pour le dentifrice. Même quand on vient de se cogner le petit orteil sur un coin de table, et qu’on a juste envie de lancer un grand cri de guerre… et un « bip bip » pour masquer le juron.

Pendant des années, toutes, nous avons essayé d’être cette femme. Nous avons ajusté nos multiples casquettes (la mère parfaite, la collègue efficace, l’amante passionnée, la coach de vie non officielle de notre meilleure amie) avec le sentiment que si ‘on’ en laissait tomber une, tout l’édifice s’effondrerait.

Mais soyons honnêtes, ce n’est pas de l’héroïsme, c’est de l’épuisement. C’est le moment où vous vous retrouvez à chercher vos clés de voiture dans le frigo, où vous vous surprenez à répondre « Oui, chef » à votre ado qui demande où est sa casquette, et où vous réalisez que la dernière fois que vous avez ri de bon cœur, c’était en regardant une vidéo de chat qui joue du piano sur YouTube.

https://www.facebook.com/watch/?v=762633264102289

On a tellement intégré ce logiciel de performance que la moindre imperfection nous fait nous sentir coupables. Nous nous flagellons parce que la cuisine n’est pas rangée « comme sur Pinterest », ou parce qu’on a juste dit « non » à une énième sollicitation. On a fait de la culpabilité notre compagnon de route, et croyez-moi, c’est un très mauvais partenaire de voyage.

Alors, pour vous, pour nous, pour toutes les femmes qui ont envie de lâcher prise, voici le kit de survie non officiel, version « total lâcher-prise ». Oubliez tout ce que vous savez et suivez le guide :

  1. Le sourire est en mode « optionnel ». Votre visage n’est pas un panneau publicitaire pour le bonheur. C’est le reflet de vos émotions, et parfois, il a le droit d’indiquer « besoin de 8 heures de sommeil, d’un bon film et d’une pizza ».
  2. L’art de la « multitâche sélective ». Oui, vous pouvez jongler. Mais vous avez le droit de laisser tomber une ou deux balles. Ne pas répondre immédiatement à un e-mail ? Laisser la lessive sur le canapé ? Commander une pizza au lieu de faire une salade bio-locale-fait maison ? C’est ça, la vraie vie. Et personne ne vous jugera (et si c’est le cas, ils n’ont qu’à venir vous aider).
  3. Apprenez à dire « non »… avec art. Non, je ne peux pas faire cette tâche supplémentaire. Non, je ne peux pas venir à cette soirée. Non, je ne peux pas prendre sur moi les problèmes de tout le monde. La version 2.0 du « non » est simple et efficace : « Non. Et j’ai le droit. »
  4. Le pouvoir du désordre. La perfection est une illusion. Une maison vivante, c’est une maison qui a des traces de vie. Un jouet par-ci, une chaussette par-là, une pile de livres qui s’est accumulée. Ce sont des signes que vous vivez, et c’est bien plus important que de vivre dans un musée.

Car finalement, le bonheur, ce n’est pas de tout faire parfaitement. C’est de s’autoriser à être imparfaite, de rire de ses propres bourdes, et de comprendre que notre valeur ne se mesure pas au nombre de tâches que l’on accomplit.

Le vrai lâcher-prise, c’est de renoncer à cette quête de la perfection, d’arrêter de vouloir tout contrôler et de s’autoriser à être simplement nous-mêmes. C’est de dire adieu à la « wonder woman » et de saluer l’héroïne de notre propre vie : une femme, une vraie, avec ses failles, ses rires et ses moments de folie. Et ça, c’est bien plus drôle et libérateur !

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