« La soif, c’est un murmure brûlant d’une absence » se dit souvent Aladin le Malin. Bella sur la photo semble lui donner raison. La soif est bien l’un des premiers cris du corps. Mais contrairement à l’humain, un chat ressent très peu la soif, ce qui le rend vulnérable à la déshydratation. Les effets de la déshydratation, rappelons-le sont : la fatigue, la confusion et la baisse de performance. Aladin le Malin nous en apprend un peu plus sur la soif biologique, ce mécanisme de régulation : comment le cerveau détecte le manque d’eau. La Rédaction
Eh oui, je ne suis pas un savant à la science infuse. Si je mérite mon nom d’Aladin le Malin, ce n’est pas parce que je sors des vérités de ce galetas. C’est parce que je creuse, je fouille, je farfouille — dans les thèses poussiéreuses comme dans les hypothèses les plus avancées.
Voyez-vous, votre cerveau détecte le manque d’eau principalement grâce à des récepteurs sensibles à la concentration de solutés dans le sang. L’hypothalamus, une région du cerveau, joue un rôle central. Il contient des osmorécepteurs surveillant la concentration de sodium et d’autres électrolytes dans le sang. Or, lorsque cette concentration augmente (signe que l’eau manque), l’hypothalamus devrait déclencher la sensation de soif. Mais pour nous les chats, cette réponse est faible : nous avons une faible sensibilité à la soif. En somme, nous avons un rapport très particulier avec l’eau. Notre cerveau, équipé d’un détecteur d’eau ‘version minimaliste’, attend que la situation devienne critique avant de nous lancer l’alerte. Pourquoi ? Parce que nos lointains ancêtres vivaient dans le désert et tiraient leur eau principalement de leurs proies. Donc pas de fontaine, pas de robinet, juste des proies bien juteuses. Résultat : nous autres chats modernes sommes des buveurs paresseux. Nous compensons en partie par l’humidité de notre alimentation (notamment les proies ou la pâtée). Alors évidemment, attention. Si vous nourrissez votre chouchou exclusivement avec des croquettes vous l’exposerez davantage à la déshydratation, car alors il ne recevra pas assez d’eau par son alimentation.
Signes de déshydratation chez votre minet
- Perte d’appétit
- Yeux creux
- Léthargie
- Gencives sèches
- Peau qui met du temps à revenir en place après un pincement doux (test du pli de peau)
Que faire ?
Enfin, surveiller les signes discrets, car nous autres masquons souvent notre inconfort.
D’abord, lui proposer plusieurs points d’eau.
Ensuite, lui offrir de la nourriture humide.
Qu’est-ce que la polydipsie et la potomanie chez nous les chats ?
La potomanie et la polydipsie désignent toutes deux une consommation excessive d’eau, mais elles diffèrent par leur origine et leur nature. La polydipsie a un symptôme. C’est une soif excessive, souvent liée à une cause médicale.
On dit de nous autres que nous sommes des créatures mystérieuses. Mais passé 10 ans, – c’est mon âge – nous devenons carrément des habitués hydriques. Prenez Milo, 14 ans, ancien chasseur de mulots, aujourd’hui retraité du rebord de fenêtre. Depuis quelque temps, il boit comme un trou. Est-ce l’âge qui le rend assoiffé ? Oui, mais pas seulement. Son cerveau détecte le manque d’eau, ses reins filtrent comme des passoires fatiguées, et son corps réclame ce que son ego félin refuse d’admettre : de l’eau, encore de l’eau, toujours de l’eau. Mais attention, derrière cette polydipsie se cache parfois un des invités surprises suivant :
L’insuffisance rénale chronique : Très fréquente chez les chats de plus de 10 ans, cette maladie entraîne une perte excessive d’eau par les urines, ce qui pousse le chat à boire davantage.
Le diabète sucré : Autre pathologie liée à l’âge, elle provoque une soif excessive (polydipsie) et une augmentation de la miction (polyurie).
L’hyperthyroïdie. Des mots qui vous font peur, mais que Milo –… entre deux gorgées – ignore subrepticement. Cette affection hormonale, fréquente chez nous les seniors félins, peut aussi augmenter la consommation d’eau.
Changements comportementaux : Certains chats âgés modifient leurs habitudes, deviennent plus casaniers ou anxieux, ce qui peut influencer leur rapport à l’eau
Bref, Le corps réclame de l’eau parce qu’il en perd trop ou ne la gère plus correctement.
La potomanie, elle, est un trouble du comportement caractérisé par une ingestion excessive de liquides, sans besoin physiologique réel. Chez nous, elle est souvent d’origine psychologique, liée à un stress, un changement d’environnement ou une anxiété chronique. Votre minet boit beaucoup plus que d’habitude, parfois uniquement en votre présence. Il peut aussi présenter des signes d’hyperactivité, de miaulements fréquents, ou d’agitation inhabituelle.
Ce comportement peut apparaître après un déménagement, l’arrivée d’un nouvel animal, ou un bouleversement dans notre routine. Avant de parler de potomanie, il faut exclure les causes médicales de polydipsie (soif excessive) :
Si c’était pour moi, Jennifer, ma véto adorée, effectuerait des analyses pour écarter ces pathologies avant de conclure à un trouble comportemental
Et pourquoi cela ?
Le mécanisme de détection de la déshydratation reste actif, mais nos reins vieillissants filtrent moins bien, ce qui perturbe notre équilibre hydrique.
Notre cerveau reçoit donc des signaux plus fréquents pour compenser les pertes, même si nous ne ressentons pas la soif de manière aussi marquée que vous autres humains.
Un chat qui boit plus de 100 ml/kg/jour mérite une consultation vétérinaire.
Pour détecter précocement les maladies rénales ou métaboliques, consulter le véto de votre protégé.
Pensez aussi qu’une nourriture humide peut aider à maintenir une bonne hydratation.
À suivre

