Vous savez bien que « donner la langue au chat », signifie que l’humain s’en remet à autrui pour découvrir la clef d’un problème ou la solution d’une énigme. Comme la langue DU chat est une énigme pour tant de gens, je vais vous en parler, moi, de ma langue de chat. Et du coup, vous en saurez beaucoup plus.

La plupart de nos humains savent que notre langue est rose et surtout râpeuse. Mais, d’habitude, c’est à peu près tout ce qu’ils savent de notre petit appendice qui joue pourtant un rôle considérable dans notre vie de chat.

Aladin le félin malin donne sa langue au chat.
Ma belle langue rose © Scriptis Editions in Mon ami le chat 2021.

Comme la vôtre, mais en plus subtile encore

Chez vous, humains, la couleur de votre langue peut prendre des teintes anormales. Dans ce cas, elle peut fournir de nombreux renseignements sur de possibles maladies. Ce n’est pas toujours une raison de paniquer. Un changement de couleur peut être attribué tout simplement à l’un de vos repas. Pareil chez nous.  Sauf que si celle de votre petit félin est bleue etqu’il n’ait dégusté des myrtilles, il faudra consulter son véto sans tarder. Cela peut indiquer une PIF, une péritonite infectieuse féline. J’exagère en prétendant qu’il y a des chats amateurs de myrtilles? A peine. J’adore bien les asperges, moi! Ma langue est un organe très complexe qui remplit nombre et surtout diverses missions.

D’abord, ma langue est constituée de 9 différents groupes de muscles. Ces muscles donnent à ma langue puissance et mobilité. Du coup, ma langue présente une motricité des plus fines. Avez-vous regardé comme la langue de votre chat effleure très rapidement la surface de l’eau de l’extrémité lisse de sa langue? Avez-vous observé comme votre chat crée alors une colonne d’eau qu’il attrape en fermant sa gueule? Notez que ce processus peut se répéter 4 fois par seconde environ et nous permettre de cette manière de boire autant que nous le souhaitons. Bon, il y a aussi les petits malins comme mon copain Léon qui se met sous un robinet, ouvre sa gueule et demande à son humaine de l’ouvrir (pas la sienne, non, mais le robinet…. pffft!).  Mais revenons à nos moutons… oups…à ma langue.

Ma langue, un organe très polyvalent

Parfois, le matin, il m’arrive de croquer un mulot. Il y en a plein le jardin. Cela me change de mes croquettes, pourtant de bonne qualité (Alain dixit). C’est grâce à la surface plutôt râpeuse de ma belle langue rose (vous avez vu ma photo, n’est-ce pas?) que j’arrive à détacher la chair des os de mes petites proies. C’est encore grâce à ma langue râpeuse que j’appréhende mes aliments. Mais ce n’est pas tout. Ma langue participe aussi très activement à la mastication des aliments et à leur déglutition. Il paraît que je suis parfois un monstre bavard et que je vocalise lorsqu’Oxo mon pote de chien et Alain ne m’attendent pas suffisamment longtemps pour la promenade du soir. Vous savez bien que j’ai un ventre qui pend… Je prends mon temps. Et si je vocalise si bien, c’est encore une fois à ma langue que je le dois.

Papilles et picots…mes outils de précision

Regardez encore une fois mon dernier article, https://www.decouverte-mag.com/la-toilette-du-chat-bien-plus-que-de-lhygiene/ Je vous ai parlé de mon toilettage, mais pas de ma langue proprement dite. Lions, léopards des neiges, lynx, pumas et tigres (toutes les espèces) ont absolument le même type de langue que moi. A des tailles différentes, évidemment. Ma langue est parsemée de plusieurs centaines de papilles creuses et rigides. Mes 470 papilles sont des sortes de picots rotatifs courbés vers l’arrière, donc vers la gorge. Puisque chacune de mes papilles ne peut absorber qu’une fraction d’une goutte d’eau, soit 4,1 microlitres, ma langue transfère donc en moyenne 48 millilitres de salive soit un cinquième d’un verre d’eau par jour dans mon pelage. Tout comme la langue des susdits félins, elle transfert de la salive jusqu’à notre peau, à travers les différentes couches de notre pelage. Grâce à cette possible rotation, mes picots peuvent aller encore plus en profondeur dans l’enchevêtrement de mes poils (que j’ai passablement longs) et j’arrive à y démêler tous les éventuels nœuds. Oubliez cependant ce que je viens de vous dire si vous avez un véritable chat persan. Lui, contrairement à moi, chat de gouttière, a besoin d’être brossé tous les jours pour empêcher la formation de nœuds.

Et au sujet de ma salive?

Ni la mienne ni celle de mon pote chien Oxo n’agissent comme des antiseptiques! Billevesées et balivernes… ma cavité buccale renferme effectivement des myriades de bactéries.  Ne nous embrassez pas sur la bouche, même si vous nous adorez. Pareil pour moi si je me blesse. Il vaudrait mieux m’empêcher de me lécher. Bandages, collerette, etc. seraient bien mieux indiqués. Vous, qui avez un chat, savez bien que c’est une tout autre histoire, non?