Le dernier article de notre professeur au grand cœur intitulé « L’intelligence artificielle au service de l’ophtalmologie »
a de nouveau intéressé plusieurs dizaines de milliers de lecteurs. Il s’agissait effectivement d’un nouvel horizon pour la santé oculaire. Le nombre de personnes atteintes de diabète de type 2 augmente d’une manière phénoménale – même en Afrique nous dit notre spécialiste mondial du glaucome – d’où une augmentation évidente de rétinopathie diabétique. Lisez son article, car cela pourrait aussi vous concerner ! La rédaction
Avant d’évoquer la rétinopathie diabétique, il me faut d’abord parler de diabète. Les niveaux élevés de glucose dans le sang, appelés hyperglycémie, peuvent être causés par plusieurs facteurs. La cause la plus fréquente est le diabète, où le corps ne produit pas suffisamment d’insuline. On parle alors du diabète de type 1. Ou, s’il ne l’utilise pas efficacement, ce sera le diabète de type 2.
La consommation accrue d’aliments –et surtout de boissons– trop riches en sucres et en graisses, ainsi que la popularité des fast-foods jouent un rôle important. Bref, la ‘malbouffe’ augmente rapidement le taux de glucose dans le sang. Le stress chronique et le manque de sommeil peuvent perturber la régulation de la glycémie. Les prédispositions génétiques peuvent également augmenter ce risque. Le manque d’activité physique peut contribuer à des niveaux élevés de glucose. Les infections, les maladies hépatiques ou inflammatoires peuvent également provoquer une hyperglycémie. Il est vrai aussi que le risque de diabète de type 2 augmente avec l’âge. Or, la population mondiale vieillit. Tous ces facteurs combinés contribuent à l’augmentation de la prévalence du diabète de type 2 dans le monde.
Qu’est-ce que la rétinopathie diabétique ?
La rétinopathie diabétique est une maladie de la rétine causée par la détérioration des vaisseaux sanguins due à des niveaux élevés de glucose dans le sang. Elle touche environ 50% des patients diabétiques de type 2.
Les capillaires de la rétine deviennent fragiles et peuvent se rompre, entraînant des hémorragies et des exsudats[1]. Au fur et à mesure que la maladie progresse, des zones de la rétine ne sont plus correctement oxygénées, ce qui provoque la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, encore plus fragiles. Ces néovaisseaux peuvent saigner dans le vitré, entraînant une perte de vision
Importance du dépistage
La rétinopathie diabétique peut s’installer sans symptômes visibles au début, d’où l’importance de dépistages réguliers auprès de votre ophtalmologue pour prévenir des complications graves surtout si vous êtes diabétique. Cependant, certains signes avant-coureurs peuvent indiquer le développement de cette pathologie.
- Vision floue : La vision peut devenir moins nette ou fluctuante.
- Taches sombres ou flottantes : Des corps flottants, des ombres ou des zones aveugles peuvent apparaître dans le champ de vision.
- Diminution de la vision nocturne : Il devient plus difficile de voir dans des environnements faiblement éclairés.
- Perception altérée des couleurs : Les couleurs peuvent sembler plus ternes ou délavées.
- Difficulté à lire ou à voir des objets éloignés : La lecture ou la vision à distance peut devenir problématique.
Le dépistage de la rétinopathie diabétique implique plusieurs examens ophtalmologiques pour évaluer la santé de la rétine et détecter les signes précoces de la maladie. Voici les principaux examens nécessaires :
- Fond d’œil : Cet examen permet de visualiser directement la rétine et les vaisseaux sanguins. Il est souvent réalisé après dilatation pupillaire pour une meilleure visibilité.

- Photographies du fond d’œil : Des images de la rétine sont prises pour une analyse détaillée. Ces rétinographies peuvent être examinées immédiatement ou en différé par votre ophtalmologue.
- Tomographie par cohérence optique (OCT) : Cet examen non invasif utilise la lumière pour obtenir des images en coupe de la rétine, permettant de détecter des anomalies structurelles.

- Angiographie à la fluorescéine : Un colorant est injecté dans une veine, et des photos sont prises pour observer la circulation sanguine dans la rétine et identifier les zones de fuite ou d’obstruction.
Quelles sont les complications ?
Les complications possibles peuvent comprendre :
- un œdème maculaire : c’est le gonflement de la macula, responsable d’une baisse significative de l’acuité visuelle ;
- un décollement de la rétine : là, une fibrose peut entraîner une traction de la rétine, augmentant le risque de décollement et de perte définitive de la vision ;
- une hémorragies vitréennes : les saignements dans le vitré peuvent nécessiter une intervention chirurgicale (vitrectomie, voir ce terme ci-dessous) si l’hémorragie ne se résorbe pas.
Le traitement de la rétinopathie diabétique dépend naturellement de la gravité de cette pathologie et de la présence de complications comme l’œdème maculaire.
Maintenant, voici les principales options de traitement :
- Contrôle de la glycémie et de la pression artérielle : La gestion du diabète et de l’hypertension est essentielle pour ralentir la progression de la rétinopathie.
- Injections intra-vitréennes : Des injections d’anti-VEGF (facteur de croissance endothélial vasculaire) ou de corticostéroïdes sont utilisées pour réduire l’œdème maculaire et prévenir la croissance de néovaisseaux.
- Photocoagulation au laser : Le laser est utilisé pour traiter les zones de la rétine affectées, réduire l’œdème et détruire les néovaisseaux anormaux.
- Vitrectomie : Cette intervention chirurgicale consiste à retirer le corps vitré lorsque sont présentes des hémorragies ou des tractions sur la rétine.
Comme je l’ai dit précédemment, un suivi régulier chez votre ophtalmologue est crucial afin de détecter et de traiter d’éventuelles complications à un stade précoce.
Les traitements incluent la photo coagulation au laser pour réduire les néovaisseaux et les injections intraoculaires pour traiter l’œdème maculaire

[1] Les exsudats sont des liquides biologiques produits par les plaies au cours du processus de cicatrisation.
