Gina Bocelli, la chroniqueuse que l’on croyait partie, revient. Oh, elle n’avait pas disparu. Elle observait, elle rêvait ; bref, elle préparait son retour. Et la voilà qui réapparaît plus vive, plus libre, plus drôle que jamais ! Son humour latin, irrésistible, fuse entre les lignes ; son regard, toujours aussi acéré, transforme le quotidien en art de vivre. Gina Bocelli n’a pas quitté la scène — elle s’était simplement retirée pour mieux revenir… avec ce charme indomptable qui fait d’elle une légende. La Rédaction
Il y a des objets qui racontent une époque mieux que les archives. Le baise‑en‑ville fait partie de ceux‑là : une petite sacoche en cuir, discrète, presque cérémonieuse, compagne des escapades urbaines et symbole d’une liberté assumée. On la mettait sur l’épaule comme si c’était un fragment d’indépendance prête à suivre son propriétaire masculin dans les détours de la ville. Moi, Gina Bocelli, je vous dis qu’en 2026, les femmes s’en emparent. Pas timidement. Pas discrètement. Non : avec la même assurance que tout le monde va appeler ça une “tendance”, alors qu’elles avaient déjà décidé depuis longtemps que ça le deviendrait. Ni gadget ni caprice, le baise-en-ville était à l’époque un manifeste miniature : celui d’une génération qui aimait voyager léger, vivre vite, et garder près de soi l’essentiel — quelques effets personnels, un parfum d’audace, et cette manière de dire au monde que la vie se savoure. Les temps et les mœurs ont bien changé voyez-vous.
Aujourd’hui, le baise‑en‑ville a le charme des objets survivants : il évoque un art de vivre où l’on savait préparer l’imprévu avec style. Une sacoche contenant le strict nécessaire pour passer la nuit hors de chez soi. Un grand rectangle en cuir, pas trop lourd et avec tout ce qu’il faut pour se faire la vie belle. Autrefois, les mauvaises langues disaient : « Le baise‑en‑ville est l’accessoire le plus sérieux pour les gens qui ne le sont pas
Sur la Piazza, j’avais demandé du coup deux cafés. Mes voisins de table reluquaient-ils moi, mon baise-en ville ou mes deux tasses de café ? Il est vrai que mon sac flambant neuf, couleur « café ristretto », semblait avoir été inventé juste pour m’accompagner. Elle je tenais ma seconde tasse de café avec cette assurance typiquement italienne, celle qui dit : « Je sais exactement ce qu’il me faut…»
Plus tard au marché, les passantes regardaient-elles ma personne ou mon baise-en-ville.
Non, non… ce n’était pas moi qu’elles regardaient c’était bien mon sac. Alors je leur fit:
« Mesdames, le baise‑en‑ville est de retour. Et cette fois, il a bien décidé d’être libre. »
Dans le train qui m’amène à Venezia Santa Lucia, la gare principale située directement dans Venise, on ne discute quasiment plus avec ses voisins. Le téléphone portable a rendu les voyageurs inaccessibles. En sortant de la gare, on arrive immédiatement au bord du Grand Canal, avec les vaporetti. C’est au café que les conversations sur la nouvelle taxe que le nouveau maire de Venise voudrait augmenter jusqu’à 50 euros par jour vont de bon train. Sachez que même si nous autres Italiens de la région ne payons pas de taxe, notre opinion est partagée et parfois critique. Certains y sont favorables, car nombres de travailleurs et d’habitants souffrent du surtourisme massif (20–30 millions de visiteurs/an. L’idée d’une taxe plus élevée est vue comme un moyen de : réduire la foule, améliorer la qualité de vie, financer les services publics. Il y a aussi beaucoup de critiques, y compris chez les Vénitiens qui estiment que la taxe ne réduit pas vraiment le nombre de touristes, mais sert surtout à rapporter de l’argent à la ville. D’autres encore dénoncent un système compliqué (QR code, contrôles), soit une mesure qui évite les vrais problèmes (logement, désertification de la ville).
La lumière est devenue dorée, presque liquide. Un gondolier qui passait m’a reconnue et m’a saluée d’un geste lent. Une copine m’a laissé son baise-en-ville sous ma surveillance. Elle voulait juste aider une mémé très âgée à sortir du vaporetto.
« La liberté, mes amis, tient parfois dans un grand rectangle de cuir. Il suffit de savoir le porter. Et mon sac, est un passeport pour ma liberté. »




