Au retour de son voyage au Costa Rica, notre éditeur nous raconte une petite histoire qui lui est arrivée, alors qu’il séjournait avec son épouse Sonia dans un hôtel au cœur de la forêt pluviale. La rédaction.
Ici, la forêt pluviale est exubérante. Humidité excessive – il pleut plusieurs heures durant –. Puis soudain, un soleil éclatant. Toute la nuit, le ciel a lâché ses trombes d’eau. Il est 6 heures du matin et il semble que la forêt se réveille.
Je suis déjà sur notre terrasse, il fait une chaleur agréable alors que chez nous en Europe les gens grelottent. Une immense baie vitrée sépare notre suite de la terrasse. Soudain, un bruit sourd et sinistre résonne contre cette baie, brisant la quiétude de notre refuge. Un petit oiseau s’est écrasé. Pura vida ? Non, hélas ! La collision contre la vitre représente certes une rencontre fortuite, un moment où la nature et l’humanité se croisent de manière inattendue. Mais là, la rencontre est plutôt brutale. Au sol git l’oiseau minuscule le dos plaqué contre le sol.

C’est un colibri. Il ne bouge plus. J’appelle Sonia mon épouse. Est-il décédé ou vit-il encore ?
Sonia s’y connaît en soins pour animaux.

Sonia, avec une douceur infinie, le prend avec toutes les précautions utiles dans ses mains, lui offrant chaleur et réconfort. Sous nos caresses bienveillantes, le petit oiseau récupère lentement.

A notre grand étonnement, il reste dans ses deux mains de longues minutes, ne bougeant pas et regardant la forêt pluviale majestueuse. Puis, dans un élan de liberté, il s’envole vers les cieux, laissant derrière lui une empreinte de gratitude et de beauté.
Je ne suis pas ornithologue et je ne sais pas si un colibri avec le dos sur le sol aurait été apte à se relever seul. Mais nous avons tenté. Le geste de sauver l’oiseau et de lui offrir une seconde chance ne symbolise-t-elle pas la bonté humaine et notre connexion profonde avec mère nature ? Dans une certaine mesure, ce geste renforce notre sentiment de responsabilité envers les êtres vivants et nous encourage à agir avec compassion. Nous vivons un moment enchanteur, où nous faisons soudain un court moment un avec la faune et la flore de cet endroit captivant.
Sonia et moi restons silencieux aussi un bon moment, incapables d’échanger un seul mot. Lorsque l’oiseau s’est envolé après avoir été caressé, j’ai pensé à nos propres vies. Ce vol du colibri, d’une légèreté et d’une délicatesse époustouflante n’incarne-t-il pas la quintessence de la liberté, la résilience et surtout la capacité à surmonter les obstacles ? N’est-ce pas aussi un rappel que, même après des moments difficiles, il est toujours possible de retrouver la force, de guérir et de vivre un renouveau et de continuer à avancer ?
Une image de pure beauté et de sérénité
Ce jour-là en tout cas, cet événement nous rappela la beauté et la magie du monde qui nous entoure. Il nous montra aussi la fragilité de la vie et l’importance de la protection de la nature. Ce petit événement dans notre vie de vacancier en Amérique latine nous a rappelé qu’il convient d’apprécier les petites merveilles de la vie et à ressentir de la gratitude pour ces extraordinaires moments de connexion. Chaque acte de bonté, aussi petit soit-il, peut avoir un impact profond.
