La beauté féminine … un éclat d’un instant suspendu !

Après le sublime texte proposé par André Mermoud — notre professeur au grand cœur —, texte qui n’était qu’un bref aperçu d’un des chapitres sans nul doute l’un des plus profonds de son futur ouvrage N’abandonne jamais

prétendre faire mieux relèverait presque de l’audace. Le Comte de Grandvaux, lui, n’est pas homme à reculer devant le défi. Pour lui, la beauté s’incarne : elle a un nom, une forme, une lumière — la femme ! Et fidèle à son style, il nous convie à le suivre dans les méandres de sa plume. Pour lui, la grâce féminine devient un fabuleux récit et l’élégance de la femme, voire sa beauté se transforment en pure émotion. Découvrons ce qu’il a choisi de nous proposer. Car jamais il ne nous a déçus. Mais gardons-nous de toute comparaison : le texte du docteur André Mermoud explore les différents visages de la beauté, tandis que le Comte, fidèle à son audace, nous raconte celle qu’il a rencontrée au fil de ses innombrables voyages : la beauté de la femme ! La Rédaction

Oui, la rédaction a raison. Le texte d’André Mermoud est admirable. Il est des beautés qui éclatent comme des aurores, et d’autres qui se dévoilent lentement, comme un secret confié au vent. La beauté féminine, elle, ne se laisse jamais enfermer dans une définition. Elle est mouvement, mystère, lumière.
Elle est dans un regard qui sait écouter, dans une voix qui apaise, dans une présence qui élève. D’ailleurs, elle ne réside pas seulement dans les traits du visage, mais dans l’âme qui l’habite.

Il est des beautés qui captivent l’œil, et encore, là, je ne parle que de celles que j’ai rencontrées en Europe…

et d’autres qui bouleversent l’âme.  Dans le regard, par exemple, de cette femme mûrie par le temps

Mais la beauté s’incarne aussi dans le silence qui comprend, dans la parole qui construit. A mon sens, la beauté féminine est une architecture invisible : elle se compose de tendresse, de courage, de dignité. A mon humble avis, la vraie beauté féminine est une étoile qui ne cherche pas à briller, mais qui éclaire ceux qui la croisent. D’ailleurs, le senior que je suis lentement, mais sûrement en train de devenir, remarque que parfois, cette beauté est si discrète qu’on ne la remarque qu’après coup — comme une fragrance que l’on ne sent qu’après son passage. Mais là aussi je vous donne mon interprétation bien personnelle. Pourquoi les unes de fragrances restent longtemps et les autres moins ? Les femmes savent que les parfums sont construits en notes :

  • Notes de tête : légères et volatiles (ex. : agrumes, herbes fraîches). Elles s’évaporent rapidement, souvent en moins de 30 minutes.
  • Notes de cœur : plus rondes et florales (ex. : rose, jasmin). Elles durent quelques heures.
  • Notes de fond : riches et persistantes (ex. : bois, musc, ambre). Ce sont elles qui restent sur la peau et les vêtements pendant des heures, voire des jours.

Un parfum riche en notes de fond ne s’évapore pas : il s’installe, il habite l’air, il laisse une empreinte. Et si la beauté d’une femme était de cet ordre-là ? Non pas celle qui frappe au premier regard, mais celle qui s’attarde, qui se révèle dans la profondeur, dans les silences, dans les détails qu’on ne voit qu’en prenant le temps.

Comme un sillage invisible, la beauté de cette jeune couturière italienne ne cherche pas à séduire ; elle cherche à rester jolie.

La beauté, je l’ai vue dans les sourires des femmes rencontrées au bout du monde, dans les gestes simples de celles qui ne demandent rien, mais donnent tout.
Et chaque fois, j’ai compris que la beauté féminine est une offrande.
Un don du ciel, un souffle de grâce, un hymne à la vie.

C’est dans le sud de l’Inde que j’ai appris à connaître le mot de kama muta.

Le terme provient du sanskrit et signifie « transporté par l’amour ». Les psychologues modernes, tel Alan Fiske, le décrivent comme une émotion sociale intense qui surgit lorsqu’on ressent une connexion soudaine et profonde avec quelqu’un ou quelque chose.  Par exemple, des frissons, une chaleur dans la poitrine, des larmes spontanées Ou plus fort encore, un sentiment d’unité ou de transcendance

Lorsqu’une femme fait preuve d’une grâce inattendue, d’un geste de tendresse, ou d’un regard qui apaise, cela peut déclencher cette émotion.

Je n’oublierai jamais celui de cette jeune femme, lorsque je séjournais en Afrique du Nord.

Nour me tendit la main gauche… un geste hors des normes !
Nour me tendit la main gauche… un geste hors des normes !

Dans bien des cultures, la main droite est celle du protocole, du salut convenu, du don accepté. Elle incarne l’ordre, la tradition, le geste attendu. La main gauche, elle, demeure dans l’ombre des usages, souvent ignorée, parfois même rejetée. Mais lorsqu’une femme berbère — figure de mémoire, de dignité et de résistance — tend la main gauche, elle ne défie pas seulement une coutume : elle réinvente le geste.

Ce n’est pas une provocation, c’est une déclaration silencieuse. Une rupture avec les codes patriarcaux. Elle tend la main gauche pour dire : je ne me plie pas à ce que l’on attend de moi. Car cette main, c’est celle du cœur, de l’intuition, de la mémoire féminine. C’est la main qui porte les secrets transmis de mère en fille, les gestes de soin, les silences habités.

Et lorsque je connus Nour, je compris que ce geste était un acte de réappropriation. Elle tendait la main gauche comme on tend une offrande, mais aussi comme on reprend ce qui fut confisqué : la parole, la reconnaissance, la liberté. Ce geste, je l’ai compris comme un symbole puissant de féminité libre, de beauté rebelle, de spiritualité incarnée.

Dans cet instant suspendu, quelque chose s’est ouvert en moi. Je regardais Nour, non pour la définir, ni avec des intentions charnelles, mais pour me laisser toucher par sa vérité. Ce n’était ni de l’admiration, ni une attirance physique. C’était autre chose — plus rare, plus pur. C’était une émotion plus rare, plus pure : le kama muta. Ce frisson qui naît lorsque l’âme reconnaît une présence qui élève. Quand la beauté devient un pont entre deux êtres, une offrande silencieuse.

Lorsque la beauté féminine touche au kama muta, elle cesse d’être apparence : elle devient expérience d’unité. Un moment où le moi se dissout dans le monde, où l’on est transporté — non par l’image, mais par la vérité d’un être. Elle nous rappelle que l’humain est capable de grandeur, de tendresse, de transcendance.

Dans le regard d’une femme, dans son geste, dans son silence, il est possible de percevoir une vérité qui dépasse les mots : celle d’un monde où l’amour est encore possible, où la grâce existe, où l’âme peut s’éveiller.

Et pour moi — et peut-être pour des millions d’hommes et de femmes — la beauté n’est pas une fin, mais un chemin vers l’autre. Un chemin où l’on ne cherche pas à posséder, mais à comprendre. Un chemin où l’on ne juge pas, mais où l’on s’émerveille !

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