Les conseils d’Aladin le Malin, chat de gouttière de notre rédaction

Le chouchou de notre éditeur et de Sonia Martin, son épouse se vante parfois d’être le ‘Chat éditorial en chef’, maître des claviers et des coussins roses (voir photo ci-dessus). Après avoir écrit plus de cinquante articles, ce qui est vrai, c’est qu’il distille ses conseils à notre rédaction par le truchement d’images, selon les lois subtiles de la communication animale instaurée par la célèbre Laila del Monte. Et comme tout félin digne de ce nom, il prépare déjà son e-book. En attendant, voici ses perles pour les articles consacrés aux animaux — griffées avec tact, flair et un soupçon de magie. La Rédaction

Comment commencer un texte sans miauler trop fort.

Il existe mille manières de commencer un texte, mais selon moi, seules deux sont acceptables :

Primo : celles qui intriguent, secundo, celles qui intriguent encore davantage.

Le reste, vous dis-je,  relève du bavardage humain. Vous me connaissez assez : je ne m’abaisse pas à commenter ce type de bavardage.

Le début doit entrer comme un chat : sans bruit, mais avec autorité !

Je pense que la première phrase d’un texte consacré aux animaux doit ressembler à notre entrée féline dans une pièce : silencieuse, lente, parfaitement calculée, mais impossible à ignorer. Il ne s’agit pas de frapper à la porte : il s’agit de déjà être là, posé, souverain, comme si l’espace vous appartenait depuis toujours.

« Un bon début ne se justifie pas. Il s’impose. Comme moi sur le duvet moelleux du lit d’Alain »

Laissez planer un mystère (mais pas trop)…

A mon avis, vous les humains, avez tendance à tout dire trop vite, comme si vous craigniez que lectrice et lecteur s’enfuie. Erreur fatale, mon cher Chatson (le Watson à la Sherlock transposé dans mon univers félin).

Un début doit créer une tension légère, un frémissement de moustaches, une promesse.

Regardez bien cette bête. Si ce crocodile du Nil ouvrait la gueule, moi, Aladin le Malin, je serais croqué avant d’avoir le temps de dire “miaou” et je finirais en amuse‑gueule  avant même d’avoir sorti une vanne. Heureusement, je suis plus malin que croustillant. Maintenant, voyons comment mon journaliste compte commencer son article sans se faire avaler par le sujet… .

Notre journaliste pourrait commencer par : « Face à un crocodile, tout se remet en perspective : la fragilité, le courage, et cette étrange lucidité qui naît quand un prédateur vous fixe. Notre chat de la rédaction nous enseigne ce que signifie vraiment se mesurer au monde sauvage. » Le journaliste aurait raison de mentionner ma sagesse.

Mais il y a bête… et bête…

Tenez, comment notre éditeur devait-il commencer son article avec un serpent, lui qui en a un peu peur ?

Sur mon divan au bureau de Sonia,

moi qui suis de si bon conseil dans cette position zen-là, je lui conseillerai plutôt de fourguer ce sujet au comte de Grandvaux. Lui, au moins, sait manier ces bestioles de manière ‘ littéraire’ sans se faire avaler.  Lui ne resterait pas sur une page blanche et commencerait par :

Face à un serpent, tout change : la respiration, la posture, et même la définition du mot “courage”. Quand une gueule grande ouverte vous jauge, on découvre… eh bien, je ne vous en dis pas plus : vous aurez bientôt la chance de savourer un récit délicieusement drôle sur ces bêtes qui font peur — mais pas à tout le monde.

L’élégance avant tout

Un début trop lourd, trop bavard, trop décoré ? Pas pour moi !  Un début sec, nerveux, sans âme ? Permettez-moi de bailler… Alors ?

L’élégance, vous dis-je n’est pas une option : c’est une obligation. Un texte doit être propre. Mais pas propre comme un sol lavé à grande eau, non, plutôt comme mon pelage bien entretenu. 

La malice, toujours…

Enfin, permettez‑moi d’insister lourdement — avec ma délicatesse de chat qui renverse un vase en prétendant que ce n’est pas lui : un début doit contenir une étincelle, un clin d’œil, une promesse de jeu. Pas un gag, pas une pirouette : une malice subtile, comme nous les chats qui faisons mine de regarder ailleurs, mais qui, évidemment, voyons tout. Le lecteur doit sentir que vous pourriez s’amuser avec lui. Pas le ridiculiser ! Voilà une nuance féline, n’est-ce pas ?  

Ma conclusion

D’après moi, un bon article doit entrer sur des pattes de velours, intriguer sans d’abord expliquer, puis avancer avec rythme, respirer l’élégance et contenir une malice discrète.

Et puis Alain, si vraiment tu n’y arrives pas, je peux toujours marcher sur ton clavier d’ordi, hein ? Cela crée des surprises et tu le sais bien.

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