Installées au Café du Beau Rivage Palace de Lausanne, lovées dans le creux de fauteuils moelleux, Estel, accorde une interview exclusive pour notre magazine Découverte s’inscrivant dans nos pages culturelles.  Son spectacle « Estel seule en scène » aura lieu le 28 janvier prochain au cinéma Rex 3 de Vevey.

PETIT APPARTÉ

Estel, à la base, un prénom féminin écrit au masculin, dû à une simple erreur orthographique du papa lors de son inscription au Registre des naissances.

Un présage pour la future artiste ?

Dans son spectacle, Estel nous séduira par une réflexion sur le mélange des genres.

Tel un caméléon, son personnage pourra jongler entre diverses interprétations féminines. Elle nous séduira par le burlesque du cabaret, puis finira par nous interpeller par son humour, son talent sur les thèmes masculin-féminin et le panachage du genre humain.

Comme le souligne Meryl Moser, non seulement directrice de Cinérive SA de Veyey, mais aussi chroniqueuse du 7e art à notre magazine, « Estel nous transmettra comment elle a retrouvé son Elle en acceptant son Il ». 

Parle-nous de toi et de ton parcours… 

« Née à Vevey, j’ai toujours eu envie de faire du théâtre. Mon père ayant beaucoup d’humour, il m’a vite initiée aux grands classiques et j’ai grandi avec Muriel Robin, Les Inconnus, Louis de Funès et tant d’autres… L’art vit en moi. Après 12 ans de guitare classique, je quitte la musique pour le monde du théâtre.

J’ai fait mes armes avec une troupe en interprétant notamment Babou dans « Le Prénom ».

Comment en es-tu venue à cet art?

Jérémy Vaillot qui me donnait des cours au Swiss Comedy Club, m’a encouragé à lui montrer mes textes et sketches, qui finalement, indépendants les uns des autres, ont naturellement créé un fil rouge.

Ainsi, avec notre co-création, le scénario du spectacle voyait le jour.  

As-tu au préalable présenté ton spectacle à tes proches, connaissances et amis?

Je me suis lancée directement auprès d’un public. Le soir de la 1ère, il y avait tout de même ma famille, connaissances et amis.

Parle-nous du spectacle proprement dit.

Il se déroule sur 1 heure. A un moment donné, je vais juste faire une pause pour changer de costume.

Estel, spectacle humoristique sur les genres à Vevey.
Mon décor est sommaire, de façon à exercer sur toutes les scènes, surtout dans les petites salles. J’évite en principe, de jouer en extérieur.

Mon décor est sommaire, de façon à exercer sur toutes les scènes, surtout les petites salles. J’évite en principe, de jouer en extérieur.

J’ai un excellent régisseur qui montent le son et la lumière.

Je joue sans micro, c’est important pour l’interprétation des rôles, pour exprimer les émotions.

Ton spectacle parle du mélange des genres homme-femme. As-tu un message à transmettre au public?

L’idée, c’est de parler de la relation homme-femme, mais je surfe sur la vague « Me too ».

 Je souhaite aussi briser le cliché des hommes rustres ou celui des femmes innocentes.

La teneur du message, serait de nous accepter, tel que l’on est, sans entrer dans des cases.

Mais je m’amuse de ce mélange des genres, puisque je commence en costard et finis en bas résille. Même si je clashes parfois les femmes, au final, elles se rendent compte que je les aime.

Le cadre homme-femme du schéma classique se tourne vers une liberté des genres hors cadre. N’est-ce pas compliqué de comprendre ce lexique comprenant les mots comme cisgenre, trans, non-binaire, asexuel… ?

Oui, pour appliquer ce récent langage, c’est compliqué, mais j’aime découvrir ce nouveau monde.

Avec Meryl Moser, nous collaborons sur des projections de films sous le label « Planète LGBTQIA+ » où nous évoquons ces différentes facettes du genre qui, personnellement, me questionnent et me fascinent. 

Quel genre d’humour utilises-tu?

J’aime les textes bien écrits, qui invitent à la réflexion. Je travaille ma diction. Je n’aime pas la vulgarité. Je mélange les styles que j’aime et j’adapte certaines voix et change de personnage au gré du spectacle.

A quel public s’adresse ton show?

Mon public est divers et varié, mon spectacle s’adresse à tous et il est accessible aux adolescents comme aux séniors qui d’ailleurs, rient amplement. »

Ne proposes-tu ton show qu’en Suisse ou à l’étranger?

Pour le moment, je ne joue que sur les scènes helvétiques, mais je reste ouverte à toute proposition. J’aimerai, avec plaisir jouer à Paris, mais j’apprécie de m’amuser dans des petites salles et être à proximité de mon public.

As-tu un rituel pour te maintenir en forme sur scène?

Je fais du Pilates une fois par semaine. Le jour J, je prends un bain. Je m’occupe de moi. Je médite et fais quelques respirations. Je bois mon thé avec du miel.

Je suis bien en avance pour saisir l’ambiance de la scène. Je relis mon texte et je travaille ma voix.

Quel est le petit plus qui donnerait envie de te voir sur scène?

La pertinence du thème sensible, lié au mélange des genres. Oser le mode stand-up, puis interpréter un personnage ou allier du burlesque au théâtre…En fait, je passe d’un registre à un autre.

Quel est ton souhait pour toi et ton avenir scénique?

Jouer et m’amuser sur scène.

Mais l’écriture d’une pièce de théâtre me plairait à l’avenir.

Je suis sélectionnée pour le Festival « Ainsi soit L», organisée par Lilith et je vais réadapter mon spectacle pour l’occasion.

Le mot pour conclure?

Feu mon père a dit à ma mère lors de sa dernière présence à mon spectacle:

« Notre fille me scotche, c’est une véritable artiste ».

Une phrase qui m’a également marqué, me vient de ma prof de solfège. Pour moi, elle est toujours d’actualité. Là voici:

« Le talent c’est 90% de travail et 10% de talent! »